Spé. HGGSP · Première · cours rédigé et vérifié par Claryo, conforme au Bulletin officiel
L'Empire ottoman offre l'exemple le plus net du caractère relatif et cyclique de la puissance. Grande puissance redoutée au XVIe siècle, à cheval sur trois continents, il devient au XIXe siècle l'« homme malade de l'Europe » avant de disparaître en 1923. Comment et pourquoi une telle puissance, dominante pendant des siècles, finit-elle par décliner puis s'effondrer, et que cette trajectoire nous apprend-elle sur les dynamiques des puissances ?
· 1453 : prise de Constantinople par Mehmed II, fin de l'Empire byzantin, fondation de la puissance impériale ottomane. · 1520-1566 : règne de Soliman le Magnifique, apogée territorial, militaire et culturel ; le sultan est aussi calife. · 1683 : échec du second siège de Vienne, début symbolique du recul face aux puissances européennes. · 1830 : indépendance de la Grèce, première grande perte face aux nationalismes balkaniques. · 1839 : début des Tanzimat, réformes de modernisation pour enrayer le déclin. · « Homme malade de l'Europe » et question d'Orient : expression attribuée au tsar Nicolas Ier (vers 1853), rivalités autour du démembrement de l'Empire ; guerre de Crimée (1853-1856). · 1920 : traité de Sèvres, très défavorable, rejeté par Mustafa Kemal. · 1923 : traité de Lausanne et proclamation de la République turque par Mustafa Kemal (Atatürk) ; fin de l'Empire ottoman.
La comparaison entre l'apogée de Soliman et l'agonie diplomatique du XIXe siècle structure tout le chapitre. La guerre de Crimée (1853-1856) illustre comment les puissances européennes (France, Royaume-Uni) soutiennent paradoxalement l'Empire ottoman contre la Russie pour préserver l'équilibre européen, tout en accélérant sa dépendance. La séquence Sèvres (1920) - Lausanne (1923) montre enfin le passage de l'empire multiethnique à l'État-nation turc.
· Dissertation : « L'Empire ottoman, du XVIe au XXe siècle : l'essor et le déclin d'une puissance. » · Étude critique : un texte sur la question d'Orient et l'« homme malade de l'Europe » au XIXe siècle.
Ce jalon doit être raconté comme une trajectoire de puissance, jamais comme une simple chronologie. Structure ton propos en deux temps clairs : l'essor (du XVe au XVIe siècle) puis le déclin (XVIIe-XXe siècle). Date avec précision les bornes décisives (1453, 1520-1566, 1923). Relie toujours le cas ottoman à la notion centrale : il prouve que la puissance est relative et réversible. Et n'oublie pas la rupture finale de 1923 avec Mustafa Kemal, qui transforme un empire en État-nation moderne.