Spé. HGGSP · Première · cours rédigé et vérifié par Claryo, conforme au Bulletin officiel
En moins de trois mois, des diplomates réunis à Berlin ont posé les règles du découpage d'un continent qu'ils connaissaient à peine, sans qu'un seul Africain soit présent. Comment des frontières tracées à la règle en Europe ont-elles pu structurer durablement l'Afrique ? Et pourquoi cet héritage colonial pèse-t-il encore sur les conflits actuels ?
· Novembre 1884 - février 1885 : conférence de Berlin, convoquée par le chancelier allemand Otto von Bismarck. Quatorze États y participent (puissances européennes, plus les États-Unis et l'Empire ottoman) ; aucun Africain. · Principe de l'« occupation effective » : pour faire reconnaître une possession, il faut occuper réellement le territoire (administration, troupes). Ce principe accélère la conquête (« course au clocher »). · Liberté de navigation sur le Congo et le Niger garantie ; le bassin du Congo attribué de fait au roi des Belges Léopold II (État indépendant du Congo). · Conséquence : des frontières rectilignes, géométriques (environ 44 % des frontières africaines sont des lignes droites), ignorant peuples et royaumes préexistants. · Indépendances des années 1960 : les nouveaux États héritent de ces frontières. L'Organisation de l'unité africaine (OUA, 1963) adopte le principe d'intangibilité des frontières héritées pour éviter le chaos. · Conflits hérités : guerre du Biafra (1967-1970), instabilité du Sahel, sécession du Soudan du Sud (indépendant en 2011).
Le partage du bassin du Congo, attribué à Léopold II, illustre comment un territoire immense fut transformé en propriété privée d'un souverain européen, au prix d'une exploitation meurtrière. À l'opposé, le cas de la Somalie, peuple divisé entre plusieurs colonies (britannique, italienne, française, plus l'Éthiopie et le Kenya), montre les divisions imposées qui nourriront les revendications irrédentistes.
· Dissertation : « La conférence de Berlin et le partage de l'Afrique : tracer des frontières sans les peuples. » · Étude critique : un extrait de l'Acte général de Berlin (1885) confronté à une carte du découpage colonial de l'Afrique.
Ce jalon se prête à un raisonnement en trois temps : décider (Berlin sans les Africains), tracer (frontières arbitraires et rectilignes), hériter (intangibilité OUA et conflits durables). Évite l'anachronisme : montre que les États africains ont fait le choix conscient de garder ces frontières, faute de mieux. Date charnière à ne jamais oublier : 1884-1885.