Spé. HGGSP · Première · cours rédigé et vérifié par Claryo, conforme au Bulletin officiel
La Russie est l'exemple type d'une puissance qui décline puis se reconstruit. Héritière d'une superpuissance disparue en 1991, elle traverse une décennie d'effacement avant de se réaffirmer spectaculairement à partir de 2000. Mais cette reconstruction est-elle celle d'une grande puissance complète, ou d'une puissance fragile, déséquilibrée et largement fondée sur la force et la rente énergétique ?
· Décembre 1991 : disparition de l'URSS, naissance de la Fédération de Russie, héritière du siège à l'ONU et de l'arme nucléaire. · 1991-1999 : présidence de Boris Eltsine, transition économique brutale, crise sociale, déclin de la puissance. · Depuis 2000 : Vladimir Poutine, restauration de la puissance comme objectif central. · Leviers : rente énergétique (gaz, pétrole, Gazprom) servant d'arme diplomatique, réarmement, reprise en main de l'État. · 2008 : guerre en Géorgie, affirmation du contrôle de l'« étranger proche ». · 2014 : annexion de la Crimée (base de Sébastopol), remodelage de frontière par la force, sanctions occidentales. · 2015 : intervention militaire en Syrie, retour de la Russie au Proche-Orient. · Fragilités : dépendance aux hydrocarbures, économie peu diversifiée, soft power limité.
L'annexion de la Crimée en 2014 est le cas central : elle condense la stratégie russe (hard power, étranger proche, fait accompli) et ses limites (sanctions, isolement). L'arme du gaz, brandie face à l'Europe, illustre quant à elle l'usage géopolitique de la rente énergétique, mais aussi la dépendance d'une économie peu diversifiée. La Syrie (2015) montre le retour militaire de la Russie sur la scène mondiale.
· Dissertation : « La Russie depuis 1991 : une grande puissance reconstruite ou une puissance fragile ? » · Étude critique : une analyse de la stratégie de puissance de Vladimir Poutine confrontée aux fragilités de l'économie russe.
Construis ta réflexion sur la tension déclin / reconstruction : les années 1990 (Eltsine, crise) puis le redressement depuis 2000 (Poutine). Mais ne tombe pas dans le récit héroïque : la qualité d'une copie tient ici à la nuance. Montre que la puissance russe est réelle mais partielle, davantage fondée sur le hard power (armée, énergie) que sur le soft power ou une économie diversifiée. Date avec rigueur (1991, 2008, 2014, 2015) et mobilise la notion d'« étranger proche », qui éclaire toute la politique régionale de Moscou. Pense enfin à rattacher ce cas à la notion centrale du thème : la Russie illustre parfaitement le caractère relatif et cyclique de la puissance, capable de décliner brutalement puis de se réaffirmer, sans pour autant retrouver le rang de superpuissance qu'occupait l'URSS.