Spé. HGGSP · Première · cours rédigé et vérifié par Claryo, conforme au Bulletin officiel
En 1970, le Chili élit démocratiquement un président marxiste, Salvador Allende, qui promet d'atteindre le socialisme sans rompre avec la légalité. Trois ans plus tard, un coup d'État met fin par la force à l'une des plus anciennes démocraties d'Amérique latine. Comment une démocratie élue régulièrement peut-elle s'effondrer en si peu de temps, et quelle est la part des facteurs internes et externes dans cette rupture ?
· Septembre 1970 : élection de Salvador Allende, à la tête de l'Unité populaire (coalition socialistes-communistes), avec une majorité relative. · « Voie chilienne vers le socialisme » : projet pacifique et démocratique de nationalisations et de redistribution. · 1971 : nationalisation du cuivre, principale ressource du pays, qui heurte les intérêts américains. · Polarisation : hostilité de la droite, du patronat et du Congrès ; crise économique (inflation, pénuries) ; grèves (camionneurs). · Ingérence extérieure : en pleine guerre froide, l'administration Nixon et la CIA financent l'opposition et la déstabilisation. · 11 septembre 1973 : coup d'État militaire ; Allende meurt à La Moneda. Le général Augusto Pinochet prend le pouvoir. · Dictature de Pinochet (1973-1990) : répression, disparitions, torture, politique économique néolibérale.
Le Chili est l'exemple paradigmatique de la fragilité démocratique. Une démocratie ancienne, dotée d'institutions solides, peut être détruite par la conjonction d'une polarisation interne, d'une crise économique et d'une ingérence étrangère. Le cas se prête à une comparaison directe avec les transitions ibériques de 1974-1982, qui montrent à l'inverse comment une dictature peut laisser place à la démocratie.
· Dissertation : « Le Chili de 1970 à 1973 : comment une démocratie peut-elle s'effondrer ? » · Étude critique : une analyse des causes de la chute d'Allende, croisant facteurs internes et rôle des États-Unis.
Ne tombe pas dans une explication monocausale. La copie solide articule toujours facteurs internes (polarisation, crise économique, opposition institutionnelle) et facteurs externes (guerre froide, ingérence américaine), sans réduire la chute à la seule CIA ni l'évacuer. Date précisément les jalons (1970, 1971, 11 septembre 1973) et garde en réserve la comparaison avec les transitions réussies pour montrer ce qui manquait au Chili : un consensus sur les règles du jeu.