Spé. HGGSP · Terminale · cours rédigé et vérifié par Claryo, conforme au Bulletin officiel
Le patrimoine paraît évident : ce sont les monuments, les sites, les œuvres dont on hérite. Mais rien n'est patrimoine en soi : une société décide de conserver tel bâtiment et de raser tel autre, de classer telle tradition et d'en oublier telle autre. Comment la notion de patrimoine s'est-elle construite et élargie, et comment l'UNESCO en a-t-elle fait un enjeu mondial, à la fois universaliste et profondément géopolitique ?
· Étymologie : patrimonium, l'héritage du père ; le patrimoine est d'abord un legs, avant d'être un bien collectif. · 1830 : François Guizot crée le poste d'inspecteur des Monuments historiques, confié à Prosper Mérimée (1834) ; Eugène Viollet-le-Duc mène les grandes restaurations du XIXe siècle (Notre-Dame, Carcassonne). Naissance d'un patrimoine national. · 16 novembre 1945 : création de l'UNESCO à Londres, siège à Paris. · 1972 : Convention concernant la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel ; notion de « valeur universelle exceptionnelle » et Liste du patrimoine mondial (premières inscriptions en 1978). · 2003 : Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel ; en 2010, le repas gastronomique des Français est inscrit. · La France est l'un des trois premiers pays par le nombre de biens inscrits, ce qui en fait un instrument de rayonnement.
La cathédrale Notre-Dame de Paris illustre la chaîne patrimoniale complète : abandon, redécouverte romantique, restauration de Viollet-le-Duc, classement, et de nouveau l'urgence de la protection après l'incendie de 2019. Le repas gastronomique des Français montre l'extension de la notion au-delà des pierres, vers des pratiques vivantes. À l'échelle géopolitique, le temple de Préah Vihéar, inscrit en 2008, a ravivé un conflit frontalier entre le Cambodge et la Thaïlande : preuve qu'un label peut attiser les tensions autant qu'il protège.
· Dissertation : « Le patrimoine : un héritage du passé ou une construction du présent ? ». · Étude critique : la Convention de l'UNESCO de 1972 confrontée à une carte de la répartition des biens inscrits dans le monde.
Sur ce chapitre introductif, ouvre toujours par la définition et l'étymologie, puis déroule l'élargissement de la notion (national au XIXe, mondial en 1972, immatériel en 2003). Garde en réserve l'idée que le patrimoine est une construction sociale et politique : c'est le fil qui fait la différence entre un catalogue de monuments et une vraie réflexion géopolitique.