Introduction : La notion de « société de la connaissance » (Peter Drucker, 1969), portée et débats

Spé. HGGSP · Terminale · cours rédigé et vérifié par Claryo, conforme au Bulletin officiel

Problématique du chapitre

Nous vivrions dans une « société de la connaissance » : le savoir y serait la première richesse, devant le pétrole ou les usines. Mais cette idée, formulée dès 1969, mérite examen. Qu'est-ce au juste que la connaissance, en quoi se distingue-t-elle de l'information, et pourquoi est-elle devenue un enjeu de puissance, de circulation et de domination entre les États comme à l'intérieur des sociétés ?

Jalons et repères

· 1969 : Peter Drucker publie The Age of Discontinuity (L'Ère de la discontinuité) et popularise la notion de société de la connaissance ainsi que la figure du « travailleur du savoir » (knowledge worker). · Distinction fondamentale : donnée (brute) / information (contextualisée) / connaissance (comprise et mobilisable). · Depuis les années 1970 : essor des services, du numérique et de la recherche-développement, validant l'intuition de Drucker. · La connaissance comme puissance : la R&D, le niveau de formation et la maîtrise des technologies (intelligence artificielle, données) deviennent des indicateurs de puissance. · Frontières du savoir : brevets et propriété intellectuelle, secrets industriels et militaires, espionnage, fracture numérique et cognitive.

Études de cas

La thèse de Drucker éclaire la mutation des économies occidentales : la valeur ne se crée plus d'abord à l'usine mais dans la conception, la recherche, les logiciels. Les États-Unis et la Chine, qui dominent les dépenses mondiales de R&D, illustrent que la connaissance est devenue un terrain de rivalité géopolitique. À l'inverse, les inégalités d'accès au numérique (fracture cognitive) montrent que la société de la connaissance produit aussi de l'exclusion.

Sujets possibles

· Dissertation : « La production et la circulation de la connaissance connaissent-elles des frontières ? » (sujet métropole 2023). · Étude critique : la thèse de Drucker confrontée à une carte des dépenses mondiales de recherche-développement.

Méthode

Sur ce chapitre introductif, commence toujours par clarifier les notions (donnée, information, connaissance, société de la connaissance) avant d'argumenter. Puis tiens les deux fils du thème : la connaissance comme ressource de puissance, et la connaissance comme objet de circulation et de frontières. Cite Drucker et la date 1969 : c'est le repère fondateur attendu.