Le renseignement au service des États : les services secrets soviétiques et américains durant la guerre froide

Spé. HGGSP · Terminale · cours rédigé et vérifié par Claryo, conforme au Bulletin officiel

Problématique du chapitre

La guerre froide (1947-1991) n'a jamais opposé directement les États-Unis et l'URSS sur un champ de bataille : c'est une guerre de l'ombre, où l'arme décisive est l'information. Savoir ce que prépare l'adversaire, protéger ses propres secrets : le renseignement devient central. Comment la connaissance secrète est-elle devenue, pendant la guerre froide, une arme de puissance au service des États ?

Jalons et repères

· 1947 : création de la CIA aux États-Unis (National Security Act). · 1954 : création du KGB en URSS, à la fois police politique et service de renseignement. · Espionnage atomique : l'URSS accélère son programme grâce aux secrets du projet Manhattan ; les époux Rosenberg sont exécutés aux États-Unis en 1953. · 1960 : affaire de l'avion espion U-2 abattu au-dessus de l'URSS (pilote Francis Gary Powers). · Opérations clandestines de la CIA : Iran (1953), Guatemala (1954), Chili (1973). · Prolongement contemporain : révélations d'Edward Snowden sur la surveillance de masse de la NSA (2013).

Études de cas

L'espionnage atomique montre l'enjeu suprême : en captant les secrets du projet Manhattan, l'URSS comble son retard nucléaire dès 1949, modifiant l'équilibre mondial. L'affaire de l'U-2 illustre la course aux moyens techniques de renseignement et ses risques diplomatiques. Les coups d'État soutenus par la CIA rappellent que le renseignement n'est pas que de l'observation : c'est aussi de l'action clandestine. Snowden, enfin, montre que la logique de la guerre froide se prolonge à l'ère numérique.

Sujets possibles

· Dissertation : « Le renseignement, arme de la guerre froide et instrument de puissance ». · Étude critique : les mémoires d'un responsable du renseignement confrontées à un document sur l'affaire de l'U-2 ou sur les révélations Snowden.

Méthode

Distingue les fonctions du renseignement : connaître (espionnage), protéger (contre-espionnage), agir (opérations clandestines). Appuie chaque idée sur une affaire datée (Rosenberg 1953, U-2 1960, Chili 1973). Montre enfin la continuité jusqu'au numérique (Snowden 2013) : c'est ce qui relie le chapitre au cyberespace et à l'enjeu actuel de la connaissance. Manie les témoignages d'acteurs (mémoires d'agents, déclarations d'anciens responsables) avec esprit critique : ils valorisent souvent leur propre rôle et justifient a posteriori des opérations contestables. Croise-les systématiquement avec des faits établis et des sources extérieures, comme l'attend une étude critique de document réussie.