Spé. HGGSP · Terminale · cours rédigé et vérifié par Claryo, conforme au Bulletin officiel
Le tourisme culturel est le rêve et le cauchemar du patrimoine : il le fait connaître, le finance et le valorise, mais peut aussi l'user, le défigurer et chasser ceux qui l'habitent. Venise en est le cas extrême. Comment concilier la valorisation touristique d'un patrimoine d'exception avec sa protection et la survie de la ville comme lieu de vie ?
· 1987 : inscription de Venise et de sa lagune au patrimoine mondial de l'UNESCO. · Surtourisme : 20 à 30 millions de visiteurs par an, dont une majorité d'excursionnistes à la journée, pour environ 50 000 habitants dans le centre historique. · Dépeuplement continu du centre historique depuis les années 1950 sous l'effet de la pression touristique et immobilière. · À partir de 2020 : mise en service progressive du système de digues mobiles MOSE contre l'acqua alta. · 2021 : interdiction des grands paquebots de croisière dans le bassin de Saint-Marc ; l'UNESCO menace d'inscrire Venise sur la Liste du patrimoine en péril. · 2024 : expérimentation d'un ticket d'entrée payant pour réguler les flux.
Venise concentre toutes les contradictions du tourisme patrimonial : économiquement vitale, la manne touristique provoque la fuite des habitants, l'usure des monuments et la pression sur un milieu déjà fragilisé par la montée des eaux. Les réponses (MOSE, interdiction des navires, ticket d'entrée) montrent un effort de régulation, mais aussi ses limites : aucune ne résout à elle seule l'équation du surtourisme. Le cas vénitien éclaire d'autres sites saturés, de Barcelone à Dubrovnik.
· Dissertation : « Le tourisme, atout ou menace pour le patrimoine ? ». · Étude critique : un avertissement de l'UNESCO sur Venise confronté à une photographie de paquebots devant la place Saint-Marc.
Construis ton plan sur la dialectique valorisation / dégradation / régulation. Distingue toujours les trois types de menaces : physique (usure, navires, eau), sociale (dépeuplement, prix), symbolique (muséification). Termine sur les solutions et leurs limites : c'est le réflexe attendu sur un sujet d'environnement et de patrimoine. Mémorise quelques ordres de grandeur (20 à 30 millions de visiteurs, environ 50 000 habitants) : un chiffre bien placé crédibilise le propos. Et n'oublie pas la dimension climatique (acqua alta, MOSE), qui relie le tourisme patrimonial à l'enjeu environnemental, autre thème du programme.