Définitions et généralités : les différents modes de génération

Maths Complémentaires · Terminale · cours rédigé et vérifié par Claryo, conforme au Bulletin officiel

Définitions et théorèmes (LaTeX)

Une suite numérique (u_n) est une fonction définie sur \mathbb{N} (ou sur une partie \{n_0, n_0+1, \dots\} de \mathbb{N}) à valeurs dans \mathbb{R}. À chaque entier n elle associe un réel u_n, le terme de rang n. On note la suite (u_n)_{n\ge 0} et le terme général u_n.

Il existe trois grands modes de génération.

  • Forme explicite : u_n=f(n), où f est une fonction de la variable n. Le terme de rang n se calcule directement à partir de n. Exemple : u_n=3n^2-1 donne u_5=3\times 25-1=74 sans calcul intermédiaire.
  • Relation de récurrence : on donne un terme initial u_0 et une relation u_{n+1}=f(u_n). Chaque terme dépend du précédent. Exemple : u_0=2, u_{n+1}=\dfrac{1}{2}u_n+3.
  • Algorithme : une boucle bornée applique n fois la relation de récurrence et renvoie u_n.

Formules

  • Suite arithmétique : u_{n+1}=u_n+r, forme explicite u_n=u_0+nr.
  • Suite géométrique : u_{n+1}=q\,u_n, forme explicite u_n=u_0\times q^{\,n}.
  • Évolution en pourcentage : augmenter de t\,\% revient à multiplier par le coefficient 1+\dfrac{t}{100}.

Méthodes type bac

  • Calculer les premiers termes d'une suite récurrente : on applique la relation pas à pas, en gardant les valeurs exactes le plus longtemps possible avant d'arrondir. Par exemple, pour u_0=2 et u_{n+1}=\dfrac{1}{2}u_n+3, on obtient u_1=4, u_2=5, u_3=5{,}5, et l'on observe que les termes se rapprochent de 6.
  • Passer d'un mode à l'autre : reconnaître une suite arithmétique ou géométrique dans une relation de récurrence permet de donner directement la forme explicite, indispensable pour étudier la limite. Une relation u_{n+1}=u_n+r révèle une suite arithmétique, une relation u_{n+1}=q\,u_n révèle une suite géométrique.
  • Modéliser une situation concrète : on repère si l'évolution est additive (suite arithmétique, on ajoute une constante à chaque étape) ou multiplicative (suite géométrique, on multiplie par un coefficient à chaque étape), puis on écrit la relation de récurrence et, si possible, la forme explicite.
  • Conjecturer une forme explicite : en calculant plusieurs termes d'une suite donnée par récurrence, on devine souvent une expression de u_n en fonction de n, que l'on démontre ensuite par récurrence.

Pièges

  • Une forme explicite et une relation de récurrence décrivent parfois la même suite, mais ce sont deux écritures différentes : ne pas confondre u_n (terme courant) et u_{n+1} (terme suivant).
  • Avec la calculatrice, ne pas arrondir trop tôt les termes intermédiaires d'une suite récurrente, sinon les termes suivants accumulent l'erreur et la valeur affichée devient fausse.
  • u_{n+1}=q\,u_n donne u_n=u_0\times q^{\,n} et non u_0\times q^{\,n+1} : le rang 0 correspond à l'exposant 0. Vérifier le rang de départ imposé par l'énoncé.
  • Une suite indexée à partir de n=1 (et non n=0) décale toutes les formules : lire attentivement le rang initial.

Pour l'épreuve

Sache identifier le mode de génération dès la lecture de l'énoncé : « u_n=\dots » est explicite, « u_0=\dots et u_{n+1}=\dots » est récurrent. Pour toute étude de limite, cherche à obtenir la forme explicite, car c'est elle qui permet d'appliquer directement les limites de référence (en particulier q^n pour les suites géométriques). Les suites arithmétiques et géométriques sont les modèles de référence à reconnaître immédiatement ; la plupart des exercices de terminale s'y ramènent par un changement de variable. Garde des écritures exactes (fractions, racines) dans la rédaction et réserve la calculatrice à la vérification numérique.