Philosophie · Terminale · cours rédigé et vérifié par Claryo, conforme au Bulletin officiel
La technique se présente comme ce qui améliore la condition humaine : elle soigne, nourrit, relie. Demander si des avancées technologiques peuvent être mauvaises pour l'humanité, c'est donc interroger un soupçon moderne : nos pouvoirs auraient dépassé notre capacité à les prévoir et à les vouloir. Le problème n'est pas de trier les bonnes et les mauvaises machines, mais de savoir si le mal éventuel tient à l'usage, au dispositif lui-même, ou au rapport au monde que la technique installe.
· Platon, Phèdre : le mythe de Theuth montre que toute technique est remède et poison ; l'écriture promet la mémoire et produit l'oubli. · Descartes, Discours de la méthode, VI (1637) : la technique fondée en science doit nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature, pour la santé et le soulagement des hommes. · Bergson, Les Deux Sources de la morale et de la religion (1932) : le corps agrandi de l'humanité attend un supplément d'âme ; le progrès matériel sans effort moral écrase plus qu'il ne libère. · Heidegger, La Question de la technique (1953) : l'essence de la technique moderne est l'arraisonnement, qui réduit la nature et l'homme à un fonds disponible ; le danger est dans ce dévoilement, pas dans les machines. · Jonas, Le Principe responsabilité (1979) : la disproportion entre notre pouvoir d'agir et notre pouvoir de prévoir impose un nouvel impératif et une heuristique de la peur.
Impossible/possible : la technique déplace la frontière du possible, la morale celle du permis. Principe/cause/fin : demande toujours quelles fins gouvernent un dispositif, pas seulement quelles causes le produisent. Absolu/relatif : un progrès est relatif au critère choisi (puissance, bonheur, justice).
· La technique n'est-elle qu'un moyen ? · Faut-il avoir peur de la technique ? · Pouvons-nous maîtriser nos propres pouvoirs ?
Ne plaide ni pour ni contre la technique en bloc : le correcteur attend que tu distingues l'outil, le dispositif et le rapport au monde. Choisis deux exemples de niveaux différents (le couteau, l'arme nucléaire) et fais-les travailler dans des directions opposées. Garde Jonas pour le dépassement : son impératif permet de répondre sans condamner la technique ni l'absoudre, en déplaçant la question vers la responsabilité.