Philosophie · Terminale · cours rédigé et vérifié par Claryo, conforme au Bulletin officiel
Le mot « histoire » est équivoque : il désigne les événements passés et le récit qui les reconstruit. De là deux grandes questions. La première porte sur le cours des choses : l'histoire a-t-elle un sens, une direction, ou n'est-elle qu'une suite contingente de violences et de hasards ? La seconde porte sur le savoir : la connaissance historique peut-elle être objective, alors que l'historien sélectionne et interprète depuis son présent ? Dans le programme actuel, ces questions se rattachent au temps, à la liberté et à la perspective de la connaissance.
· Kant (Idée d'une histoire universelle au point de vue cosmopolitique, 1784) : l'insociable sociabilité, antagonisme qui pousse les hommes à rivaliser, est le moyen dont la nature se sert pour développer les dispositions humaines vers le droit et la paix. · Hegel (La Raison dans l'histoire) : l'histoire universelle est le progrès de la conscience de la liberté ; la ruse de la raison fait servir les passions individuelles à cette fin qui les dépasse. · Marx et Engels (Manifeste du parti communiste, 1848) : le moteur de l'histoire est la lutte des classes ; les conditions matérielles de production expliquent les idées, et non l'inverse. · Aron (Introduction à la philosophie de l'histoire, 1938) : la connaissance historique implique une perspective ; l'objectivité absolue est un mythe, la rigueur méthodique une exigence. · Benjamin (Sur le concept d'histoire, 1940) : contre la religion du progrès, l'histoire vue par ses vaincus est une catastrophe continuée ; l'historien doit la lire à rebrousse-poil.
Expliquer / comprendre structure l'épistémologie de l'histoire : causes contre significations vécues. Objectif / subjectif / intersubjectif permet de redéfinir l'objectivité historique comme contrôle critique partagé. Origine / fondement évite de croire qu'en racontant la genèse d'une institution on a justifié sa valeur.
· L'histoire a-t-elle un sens ? · Peut-on tirer des leçons de l'histoire ? · L'historien peut-il être impartial ?
Sur l'histoire, commence toujours par lever l'équivoque du mot dans ton introduction : réalité passée ou savoir du passé ? Beaucoup de sujets jouent sur les deux. Méfie-toi des philosophies du progrès récitées sans recul : le XXe siècle leur a opposé des objections massives, et le correcteur attend que Benjamin ou l'expérience des guerres mondiales vienne troubler Hegel et Kant.