Philosophie · Terminale · cours rédigé et vérifié par Claryo, conforme au Bulletin officiel
Le mot « culture » est piégé par sa double signification. Au sens classique, la culture est ce qui forme et élève l'esprit : on dit d'un homme qu'il est cultivé. Au sens ethnologique, hérité du XXe siècle, la culture désigne tout ce qu'une société transmet à ses membres autrement que par l'hérédité biologique : langues, techniques, croyances, institutions, art. La question centrale est alors celle du rapport entre nature et culture : qu'est-ce qui, en l'homme, relève de l'inné et qu'est-ce qui relève de l'acquis ? Et la culture, qui nous arrache à l'animalité, nous rend-elle pour autant meilleurs ?
· Rousseau (Discours sur l'origine de l'inégalité, 1755) : la perfectibilité distingue l'homme de l'animal. L'homme n'est pas figé dans la nature, il se transforme et transmet ses acquis, ce qui rend possible la culture et l'histoire. · Kant (Idée d'une histoire universelle au point de vue cosmopolitique, 1784) : il faut distinguer culture, civilisation et moralité. Un peuple peut être très cultivé et civilisé tout en restant moralement barbare. · Lévi-Strauss (Race et histoire, 1952) : l'ethnocentrisme conduit à rejeter l'étranger dans la barbarie ; mais croire à la barbarie est précisément ce qu'il y a de plus barbare. Il défend la valeur de la diversité des cultures. · Aristote (Politique, IVe s. av. J.-C.) : l'homme est par nature un animal politique, fait pour vivre en cité ; la culture accomplit donc une disposition naturelle.
Nature / culture : l'inné contre l'acquis, l'universel naturel contre le variable culturel. La frontière est instable : la capacité de parler est naturelle, mais parler français est culturel. Universel / particulier : chaque culture est particulière, mais existe-t-il des valeurs universelles ? Relativisme (toutes les cultures se valent, aucune ne peut juger l'autre) contre universalisme (certaines valeurs valent pour toute l'humanité). En fait / en droit : en fait les cultures sont diverses ; en droit, peut-on en tirer une norme commune ?
· La culture nous rend-elle plus humains ? · La diversité des cultures fait-elle obstacle à l'unité du genre humain ? · Peut-on tout juger au nom de sa propre culture ?
Le premier réflexe est de lever l'ambiguïté du mot : précise dès l'introduction le sens de « culture » que le sujet mobilise. Évite le relativisme paresseux (« chacun sa culture ») comme l'ethnocentrisme naïf. Appuie-toi sur Lévi-Strauss pour penser la diversité sans renoncer au jugement, et sur Kant pour distinguer progrès matériel et progrès moral. Chaque exemple doit être analysé, non simplement cité : montre ce qu'il prouve.