Philosophie · Terminale · cours rédigé et vérifié par Claryo, conforme au Bulletin officiel
Le mot « nature » est ambigu : il désigne tantôt l'ensemble de l'univers physique, ce qui existe sans l'homme, tantôt l'essence d'une chose, son caractère propre. Dans les deux cas, la nature s'oppose à ce que l'homme produit ou institue : l'artifice, la technique, la culture. Or l'homme entretient avec la nature un rapport singulier : il en fait partie, mais il la transforme. La science moderne en a fait un mécanisme à connaître et à maîtriser ; la modernité technique a réalisé ce projet de domination. Mais cette maîtrise illimitée révèle aujourd'hui ses limites et son coût. L'homme doit-il se rendre maître de la nature, ou apprendre à s'y inscrire avec responsabilité ?
· Aristote (Physique) : la nature est un principe interne de mouvement et de repos ; chaque être a une fin (telos) vers laquelle il tend. La nature est finalisée. · Descartes (Discours de la méthode, 1637) : la science doit nous rendre « comme maîtres et possesseurs de la nature ». La nature est un mécanisme régi par des lois mathématiques, sans finalité. · Kant (Critique de la faculté de juger, 1790) : on ne peut comprendre le vivant par le seul mécanisme ; il faut y penser une finalité interne, sans pour autant la connaître objectivement. · Hans Jonas (Le Principe responsabilité, 1979) : la puissance technique impose une éthique nouvelle de responsabilité envers la nature et les générations futures.
Nature / culture : le donné contre l'acquis et l'institué. Nature / artifice : ce qui existe sans l'homme contre ce qu'il produit. Mécanisme / finalité : expliquer par des causes contre comprendre par des fins. Cause / fin : la cause efficiente contre la cause finale. En droit / en fait : l'homme peut maîtriser la nature, mais le doit-il sans limite ? Moyen / fin : la nature réduite à un moyen contre la nature à respecter.
· L'homme doit-il se rendre maître de la nature ? · La nature est-elle un modèle pour l'homme ? · Tout ce qui est naturel est-il légitime ?
Lève dès l'introduction l'ambiguïté du mot nature (l'univers ou l'essence). Sur la maîtrise de la nature, oppose le projet cartésien à la conscience écologique contemporaine et à l'éthique de Jonas, sans tomber dans une opposition simpliste entre technique et nature. Méfie-toi du sophisme naturaliste : ce qui est naturel n'est pas pour autant bon ou légitime. Distingue le mécanisme (expliquer par des causes) de la finalité (comprendre par des fins) pour traiter le vivant.