Philosophie · Terminale · cours rédigé et vérifié par Claryo, conforme au Bulletin officiel
Tout passe : nos plaisirs s'éteignent, nos œuvres vieillissent, nous mourrons. Face à cette fuite, deux stratégies semblent s'offrir au désir : intensifier l'instant (jouir de ce qui passe parce que cela passe) ou bâtir du durable (œuvres, institutions, salut, vérités éternelles). Mais l'alternative est-elle bien posée ? Chercher l'intensité, n'est-ce pas déjà vouloir la retenir ? Et viser l'éternel, n'est-ce pas déserter la seule vie que nous ayons ?
· Épicure (Lettre à Ménécée) : le bonheur ne réclame pas un temps infini ; le sage limite ses désirs aux désirs naturels et nécessaires et atteint une ataraxie stable : l'instant bien vécu suffit, sans regret ni crainte. · Platon (Le Banquet) : éros est désir de posséder le bien pour toujours ; les mortels « enfantent dans la beauté » (enfants, gloire, œuvres, savoir) pour participer à l'immortalité : tout désir d'instant cache un désir d'éternité. · Pascal (Pensées, 1670) : nous n'habitons jamais le présent ; nous errons entre regret et anticipation, et « nous disposant toujours à être heureux », nous ne le sommes jamais. · Kierkegaard (Ou bien... ou bien, 1843) : l'esthéticien collectionne les instants intenses et se condamne à la dispersion et à l'ennui ; le stade éthique, par le choix et l'engagement, donne à l'existence continuité et consistance. · Nietzsche (Le Gai Savoir, 1882, § 341) : l'éternel retour est une épreuve : vis de telle sorte que tu puisses vouloir revivre cet instant une infinité de fois ; l'intensité et l'éternité cessent alors de s'opposer.
Contingent / nécessaire : l'éphémère est ce qui peut ne plus être ; le pérenne vise une nécessité que rien d'humain n'atteint tout à fait. Idéal / réel : l'éternité désirée est-elle un idéal régulateur ou un arrière-monde qui dévalue le réel ? Absolu / relatif : chercher dans le relatif (l'instant) une satisfaction absolue, voilà peut-être la source de notre insatisfaction (Pascal).
· Faut-il vivre dans l'instant ? · Désirer l'éternité, est-ce fuir la vie ? · Pourquoi cherchons-nous à laisser des traces ?
Ce libellé inhabituel se ramène à une question classique : que cherche le désir dans son rapport au temps ? Reformule-le dès l'introduction en termes simples, sans le trahir. Construis ensuite une vraie progression : ne plaque pas « carpe diem contre éternité », montre avec Platon que l'un travaille l'autre, et réserve Nietzsche ou Spinoza pour penser leur réconciliation. Choisis un exemple conducteur (l'œuvre d'art, la fête, la promesse) et reviens-y à chaque étape : c'est ce fil qui rendra ta copie progressive plutôt que juxtaposée.