L’identité humaine dépend-elle davantage de l’inné ou de l’acquis ?

Philosophie · Terminale · cours rédigé et vérifié par Claryo, conforme au Bulletin officiel

Problématique de la notion

Demander si l'identité humaine dépend davantage de l'inné ou de l'acquis, c'est mesurer la part de la nature et celle de la culture dans ce que nous sommes. Si tout était inné, l'éducation ne ferait que dérouler un programme ; si tout était acquis, l'homme serait indéfiniment malléable et l'idée même de nature humaine s'évanouirait. Le paradoxe est que l'homme semble avoir pour propre de naître inachevé : sa nature serait précisément d'avoir besoin de culture.

Les thèses essentielles

· Aristote, Les Politiques : l'homme est par nature un animal politique. Le logos, qui permet de délibérer sur le juste et l'injuste, atteste une destination naturelle à la vie en cité : la culture accomplit la nature. · Rousseau, Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité (1755) : la perfectibilité distingue l'homme de l'animal. Faculté de se transformer sans limite assignée, elle livre l'identité humaine aux circonstances et à l'histoire. · Lévi-Strauss, Les Structures élémentaires de la parenté (1949) : l'universel est l'indice de la nature, la règle celui de la culture ; or la prohibition de l'inceste est les deux à la fois. La frontière nature/culture est un passage, non un mur. · Sartre, L'existentialisme est un humanisme (1946) : l'existence précède l'essence. Aucune nature ne me définit d'avance : je suis ce que je fais, et j'en réponds. · Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception (1945) : chez l'homme, tout est fabriqué et tout est naturel. Le biologique et le culturel sont indiscernables dans la moindre conduite.

Distinctions et repères

En acte/en puissance : l'humanité de l'enfant est en puissance ; l'éducation l'actualise (cas de Victor de l'Aveyron). Origine/fondement : connaître l'origine de mes traits (gènes, milieu) ne fonde ni ma valeur ni ma responsabilité. Universel/général/particulier/singulier : une nature humaine serait universelle ; les cultures sont générales ; l'identité de chacun reste singulière.

Sujets possibles

· Faut-il opposer la nature à la culture ? · Y a-t-il une nature humaine ? · L'éducation fait-elle l'homme ?

Méthode

Sur ce genre de sujet, refuse l'alternative brute : montre d'abord ce que chaque terme explique, puis fais apparaître leur enchevêtrement. Appuie-toi sur un exemple analysé en profondeur (la prohibition de l'inceste, les enfants sauvages) plutôt que sur dix exemples cités. Et garde la question de l'enjeu : si tout est acquis, que devient la responsabilité ? Si tout est inné, que devient la liberté ? C'est là que ta troisième partie se joue.