Philosophie · Terminale · cours rédigé et vérifié par Claryo, conforme au Bulletin officiel
Le succès des sciences nourrit une attente démesurée : puisqu'elles ont réponse à tant de choses, pourquoi pas à tout ? Mais « répondre » est équivoque. Produire la loi d'un phénomène, c'est une réponse ; trancher ce qui est juste, dire le sens d'une vie, c'en est une autre. Le problème est donc de savoir si les limites de la science sont provisoires (questions pas encore résolues) ou de principe (questions qui ne relèvent pas de son ordre). Y répondre engage la définition même de la connaissance.
· Comte (Cours de philosophie positive, 1830-1842) : l'esprit positif renonce au pourquoi absolu et s'attache aux lois des phénomènes ; il assume donc lui-même une limite constitutive du savoir scientifique. · Kant (Critique de la raison pure, 1781) : la connaissance est bornée aux phénomènes ; les questions métaphysiques peuvent être pensées, non connues, et les questions pratiques relèvent d'un autre usage de la raison. · Russell (Problèmes de philosophie, 1912) : la philosophie vaut par l'incertitude de ses questions, qui élargissent l'esprit au lieu de le clore sur des réponses. · Wittgenstein (Tractatus logico-philosophicus, 1921) : toutes les questions scientifiques fussent-elles résolues, les problèmes de la vie resteraient intacts ; le sens n'est pas un fait du monde.
En fait / en droit : repère décisif pour montrer qu'aucune accumulation de faits ne fonde une norme. Croire / savoir : ce qui excède le savoir n'est pas forcément crédulité ; il y a des engagements raisonnés. Principe / cause / fin : la science assigne des causes et procure des moyens, le choix des fins lui échappe.
· Tout ce qui est connaissable relève-t-il de la science ? · La science peut-elle nous dire ce que nous devons faire ? · Y a-t-il des questions auxquelles aucune science ne répondra ?
Évite le double piège : l'éloge naïf (la science finira par tout résoudre) et le procès romantique (la science passe à côté de l'essentiel). Ta copie gagnera à classer les questions par type : questions de fait, questions de norme, questions de sens. Pour chacune, demande-toi ce que serait une « réponse » et qui aurait autorité pour la donner ; tu verras le problème se découper presque tout seul, et ton plan suivra cette progression.