Fiche révisions : le devoir

Philosophie · Terminale · cours rédigé et vérifié par Claryo, conforme au Bulletin officiel

Problématique de la notion

Le devoir est ce qui s'impose à la volonté sans la forcer : je dois, mais je peux ne pas faire. Cette structure étrange (une nécessité qui laisse libre) fait tout le problème. D'où vient cette voix qui commande : de la raison, de la société, de Dieu, d'un dressage historique ? Et que vaut-elle : le devoir est-il le sommet de la liberté (s'obliger soi-même) ou son déguisement le plus retors (obéir en croyant se commander) ?

Les thèses essentielles

Kant (Fondements de la métaphysique des moeurs, 1785) donne au devoir sa forme la plus pure : l'impératif catégorique commande inconditionnellement, et seule l'action faite par devoir, non simplement conforme au devoir, a une valeur morale. Rousseau (Émile, 1762) en place la source dans la conscience, instinct divin et juge immédiat du bien. Mill (L'Utilitarisme, 1861) le rapporte aux conséquences : est obligatoire ce qui maximise le bonheur de tous les intéressés. Nietzsche (Généalogie de la morale, 1887) en fait la généalogie : le devoir naît du ressentiment et du dressage, non de la raison pure. Chaque thèse répond aux autres : l'utilitarisme objecte à Kant son indifférence aux effets, Kant objecte à Mill que le calcul des plaisirs ne fonde aucune obligation, Nietzsche soupçonne les deux.

Distinctions et repères

Le repère origine / fondement est l'arme décisive contre les généalogies : montrer d'où vient une norme n'est pas montrer ce qu'elle vaut. Obligation / contrainte rappelle que le devoir suppose la liberté. Universel / général / particulier / singulier permet de tester une maxime : le devoir prétend à l'universel, une coutume n'est que générale. Distingue enfin devoir moral, devoir juridique et devoir social : leurs sources et leurs sanctions diffèrent.

Sujets possibles

· Faire son devoir, est-ce renoncer au bonheur ? · Le devoir est-il le contraire du désir ? · Y a-t-il des devoirs envers soi-même ?

Méthode

Sur le devoir, commence toujours par identifier le mobile en jeu : intérêt, inclination, respect de la loi. C'est la distinction kantienne qui structure le champ ; maîtrise-la parfaitement, avec l'exemple de l'épicier. Mais ne t'arrête pas à Kant : un devoir sans égard pour les conséquences soulève des objections sérieuses, que Mill formule avec rigueur. Termine en interrogeant la source de l'obligation plutôt qu'en moralisant : une bonne copie demande pourquoi je dois, pas seulement ce que je dois.