Le temps est-il une source d’angoisse pour l’homme ?

Philosophie · Terminale · cours rédigé et vérifié par Claryo, conforme au Bulletin officiel

Problématique de la notion

L'homme est le vivant qui sait qu'il mourra et qui sent le temps passer. Cette conscience fait de l'irréversible (ce qui est fait est fait), du vieillissement et de la mort des objets possibles d'angoisse. Mais l'angoisse est-elle une fatalité ? Les sagesses antiques y voient une erreur de jugement à dissoudre ; Pascal, une vérité que nous fuyons ; Heidegger, une révélation à assumer. Le temps angoisse-t-il par lui-même, ou par l'usage que nous en faisons ?

Les thèses essentielles

· Épicure (Lettre à Ménécée) : « la mort n'est rien pour nous » : quand nous sommes, elle n'est pas ; quand elle est, nous ne sommes plus. La crainte de la mort repose sur une confusion, et sa dissolution rend le bonheur possible. · Sénèque (De la brièveté de la vie) : la vie n'est pas courte, nous la gaspillons ; l'angoisse du temps qui manque vient d'une vie dispersée, non de la nature du temps. · Pascal (Pensées, 1670) : incapables de soutenir la pensée de notre condition mortelle, nous nous étourdissons dans le divertissement ; l'angoisse resurgit dès que nous nous arrêtons. · Kierkegaard (Le Concept de l'angoisse, 1844) : l'angoisse est « le vertige de la liberté » : elle ne porte pas sur un objet, mais sur le possible, donc sur l'avenir ouvert que je suis. · Heidegger (Être et Temps, 1927) : la peur a un objet déterminé, l'angoisse non : elle révèle au Dasein qu'il est être-pour-la-mort. Assumée, elle arrache à l'existence inauthentique du « on ».

Distinctions et repères

Peur / angoisse : la première a un objet, la seconde révèle une condition. Impossible / possible : l'angoisse naît du possible ouvert (Kierkegaard) et de l'impossible retour en arrière (Jankélévitch, L'Irréversible et la Nostalgie, 1974). Croire / savoir : je sais que je mourrai, mais ce savoir abstrait devient rarement certitude vécue ; tout le travail du divertissement est de l'empêcher de le devenir.

Sujets possibles

· Faut-il craindre le passage du temps ? · Vivre, est-ce apprendre à mourir ? · L'homme peut-il se réconcilier avec sa finitude ?

Méthode

Évite le ton tragique et les généralités sur la mort : traite l'angoisse comme un concept, pas comme un effet de manche. Distingue d'abord peur et angoisse, puis organise ta copie autour d'un débat réel : les remèdes (Épicure, Sénèque) contre les lucidités (Pascal, Heidegger). Demande-toi en dépassement si l'angoisse n'a pas une fonction positive : révéler le prix du temps. Une copie qui sait penser contre sa première réponse marque des points.