Spé. SES · Première · cours rédigé et vérifié par Claryo, conforme au Bulletin officiel
Personne ne paie spontanément pour l'éclairage public, et les océans se vident de leurs poissons : deux échecs du marché qui partagent une même cause, l'impossibilité d'exclure les non-payeurs. Pourquoi le marché échoue-t-il face aux biens collectifs et aux biens communs, et qui peut le suppléer ?
Deux critères classent les biens. La rivalité : la consommation de l'un réduit-elle ce qui reste pour les autres ? L'excluabilité : peut-on techniquement ou juridiquement écarter les non-payeurs ? On obtient quatre cas : le bien privé (rival, excluable : une baguette), le bien de club (non rival, excluable : une chaîne payante, une autoroute à péage fluide), le bien collectif pur (non rival, non excluable : éclairage public, défense nationale) et le bien commun (rival, non excluable : ressources halieutiques, nappes phréatiques).
La non-excluabilité prive le marché de son ressort, le prix. Pour les biens collectifs, elle engendre le passager clandestin : chacun profite du bien sans payer, comptant sur les autres ; aucune recette n'étant possible, le producteur privé renonce, et le bien doit être financé par l'impôt, qui rend la contribution obligatoire. Pour les biens communs, la rivalité ajoute la surexploitation : c'est la tragédie des communs de Garrett Hardin (1968), où chaque utilisateur capte tout le gain de son prélèvement supplémentaire mais n'en supporte qu'une fraction du coût, jusqu'à l'épuisement de la ressource. Elinor Ostrom a montré qu'une troisième voie existe entre privatisation et étatisation : la gestion communautaire par des règles auto-organisées (accès défini, surveillance mutuelle, sanctions graduées).
Mancur Olson (Logique de l'action collective, 1965) formalise le passager clandestin ; Hardin (1968) la tragédie des communs ; Ostrom (Governing the Commons, 1990, prix de la Banque de Suède 2009, première femme distinguée) la gestion communautaire, observée sur des systèmes d'irrigation espagnols ou des pêcheries. La surpêche mondiale et la dégradation des nappes phréatiques illustrent aujourd'hui la tragédie à grande échelle.
· Pourquoi le marché ne permet-il pas une gestion satisfaisante des biens communs ? · Vous montrerez que la production des biens collectifs nécessite l'intervention des pouvoirs publics.
Commence toujours par poser les deux critères et place le bien étudié dans le tableau à quatre cases : la moitié des points de connaissance est là. Ne confonds pas bien collectif et bien commun ; le correcteur guette précisément cette confusion, car la rivalité change tout le diagnostic.