Spé. SES · Première · cours rédigé et vérifié par Claryo, conforme au Bulletin officiel
Face au risque, nous ne sommes ni également menacés ni également téméraires. Pourquoi l'exposition aux risques et les attitudes à leur égard varient-elles selon les groupes sociaux ?
L'exposition au risque désigne la probabilité d'être touché par un dommage. Elle est socialement différenciée : les ouvriers subissent bien plus d'accidents du travail que les cadres, les ménages modestes occupent plus souvent des logements dégradés, certains territoires cumulent les risques. Ces écarts d'exposition se lisent dans les inégalités d'espérance de vie.
Les attitudes face au risque diffèrent aussi. L'aversion au risque désigne la préférence pour la certitude : elle fonde la demande d'assurance. À l'inverse, le goût du risque conduit à accepter, voire rechercher, l'incertitude. Ces attitudes ne sont pas des traits naturels : elles sont façonnées par la socialisation. La socialisation masculine valorise l'audace, ce qui contribue à la surreprésentation des hommes jeunes dans les conduites à risque ; l'avancée en âge et les responsabilités familiales accroissent la prudence ; le milieu social façonne la perception même du danger, selon l'information disponible et l'expérience vécue.
Il faut donc distinguer trois choses : la probabilité objective du risque, sa perception subjective et le comportement adopté. Les trois sont socialement situés.
Selon l'INSEE (données 2009-2013), à 35 ans, un homme cadre peut espérer vivre 49 ans, contre 42,6 ans pour un ouvrier : un écart de 6,4 ans, qui se réduit à 3,2 ans chez les femmes. Les statistiques de l'Assurance maladie montrent que la fréquence des accidents du travail est plusieurs fois supérieure dans le BTP et l'industrie que dans les activités de bureau. La sécurité routière constate de longue date que les jeunes hommes représentent une part très disproportionnée des tués sur la route : près de trois personnes tuées sur quatre sont des hommes, illustration des effets conjoints de l'âge et du genre sur les conduites à risque.
· Comment expliquer que les individus ne soient pas égaux face aux risques ? · Vous montrerez que les attitudes face au risque varient selon les caractéristiques sociales des individus.
Devant un document sur les risques, sépare toujours deux questions : qui est le plus exposé ? et qui se protège le plus ? Les réponses ne coïncident pas forcément : les plus exposés sont souvent les moins assurés. Cet écart fait d'excellentes phrases d'analyse en deuxième partie de réponse.