La gouvernance et la prise de décision dans l’entreprise

Spé. SES · Première · cours rédigé et vérifié par Claryo, conforme au Bulletin officiel

Problématique du chapitre

Dans une grande entreprise, qui décide réellement : les actionnaires propriétaires, les dirigeants qu'ils mandatent, les salariés qui produisent ? La gouvernance désigne l'ensemble des règles qui organisent le pouvoir de décision et son contrôle. Entre logique actionnariale et logique partenariale s'opposent deux conceptions de la finalité même de l'entreprise.

Notions et mécanismes essentiels

- Gouvernance d'entreprise : règles et institutions qui répartissent le pouvoir de décision et organisent le contrôle des dirigeants. - Société anonyme : l'assemblée générale des actionnaires vote en proportion du capital détenu; le conseil d'administration nomme et surveille la direction; la direction exécutive gère. - Relation d'agence : les actionnaires (principal) délèguent à un dirigeant (agent) mieux informé, dont les objectifs peuvent diverger : prestige, croissance, rémunération. D'où des coûts d'agence et des dispositifs d'alignement : stock-options, audits, menace de rachat hostile. - Gouvernance actionnariale : pilotage orienté vers la valeur actionnariale, dominant dans les pays anglo-saxons depuis les années 1980. - Gouvernance partenariale : association des parties prenantes (stakeholders) aux décisions; exemple emblématique : la codétermination allemande, où les salariés siègent au conseil de surveillance des grandes entreprises. - Hiérarchie contre marché : selon Coase, l'entreprise existe parce que la coordination par l'autorité économise les coûts de transaction du marché.

Auteurs et faits stylisés

- Ronald Coase, La nature de la firme, 1937 : coûts de transaction et relation d'autorité. - Michael Jensen et William Meckling, 1976 : théorie de l'agence et coûts d'agence. - Adolf Berle et Gardiner Means, 1932 : la séparation entre propriété et contrôle rend la question de la gouvernance centrale. - Faits : la loi PACTE du 22 mai 2019 introduit en France la raison d'être et la société à mission; plus d'un millier d'entreprises avaient adopté cette qualité fin 2022. Les grandes sociétés françaises comptent des administrateurs salariés, et l'Allemagne pratique la codétermination depuis les années 1950 et 1970.

Sujets possibles

- La gouvernance des entreprises doit-elle servir les seuls actionnaires ? - Montrez que la prise de décision dans l'entreprise ne se réduit pas au face-à-face entre actionnaires et dirigeants.

Méthode

Sur ce chapitre, structure presque toujours ta réponse autour du couple actionnarial / partenarial, mais ne le transforme pas en opposition caricaturale : montre que les dispositifs concrets (stock-options, comité de mission, administrateurs salariés) sont des réponses institutionnelles à un même problème, le contrôle d'un pouvoir délégué. Cite la relation d'agence avec ses deux pôles nommés : principal et agent; c'est ce vocabulaire que le correcteur attend.