Spé. SES · Première · cours rédigé et vérifié par Claryo, conforme au Bulletin officiel
Combien produire, et à partir de quel prix accepter de vendre ? Derrière ces décisions du producteur se cache une grammaire des coûts : fixes ou variables, moyens ou marginaux. Le chapitre montre comment cette grammaire détermine l'offre individuelle, puis comment l'échange marchand crée des gains mesurables pour les deux parties.
Le coût total se décompose en coûts fixes, indépendants des quantités (loyer, machines, licences), et coûts variables, qui croissent avec la production (matières premières, énergie, travail). Le coût moyen est le coût total rapporté aux quantités : il baisse d'abord, par étalement des coûts fixes, c'est le mécanisme des économies d'échelle, puis remonte généralement quand les rendements décroissent. Le coût marginal est le coût de la dernière unité produite : c'est lui qui pilote la décision. En concurrence, l'entreprise est preneuse de prix : sa seule variable est la quantité. La règle d'or : produire tant que le coût marginal reste inférieur au prix, s'arrêter quand il l'égale. Chaque unité dont le coût marginal est inférieur au prix accroît le profit ; chaque unité au-delà le réduit. La quantité offerte augmente donc avec le prix, le long de la courbe de coût marginal : voilà le fondement microéconomique de la courbe d'offre croissante. Un profit positif exige par ailleurs que le prix couvre le coût moyen ; sinon l'entreprise perd de l'argent et finit par sortir du marché. L'échange crée des gains des deux côtés : l'acheteur gagne l'écart entre sa disposition à payer et le prix (surplus du consommateur), le vendeur gagne l'écart entre le prix et son coût marginal (surplus du producteur). Tout échange volontaire est mutuellement avantageux, et l'équilibre concurrentiel maximise la somme des surplus.
Alfred Marshall (Principles of Economics, 1890) a systématisé le raisonnement à la marge et l'analyse de l'offre par les coûts. Les faits stylisés abondent : dans l'aéronautique, les coûts fixes de développement d'un avion se chiffrent en milliards d'euros, si bien que la rentabilité exige de très longues séries, d'où le duopole Airbus-Boeing ; dans le numérique, le coût marginal d'une copie de logiciel est presque nul, ce qui bouleverse la tarification ; la flambée des prix de l'énergie en Europe en 2022 a élevé les coûts variables de nombreuses industries et déplacé leur offre vers la gauche, alimentant la hausse des prix.
Comment les coûts de production déterminent-ils les choix du producteur ? Vous montrerez que l'échange marchand procure des gains à l'acheteur comme au vendeur.
Sur un tableau de coûts, calcule toujours le coût marginal de proche en proche (différence entre deux coûts totaux successifs) avant toute autre opération : c'est la donnée qui commande la réponse. Vérifie ensuite la cohérence avec la règle prix-coût marginal, puis seulement calcule le profit. Et n'écris jamais qu'une entreprise « produit le plus possible » : elle produit jusqu'au point où la dernière unité cesse d'être rentable.