Spé. SES · Première · cours rédigé et vérifié par Claryo, conforme au Bulletin officiel
Pourquoi toutes les sociétés marchandes ont-elles adopté la monnaie, et pourquoi des morceaux de papier ou de simples écritures sur un compte sont-ils acceptés par tous en paiement ? Ce chapitre montre que la monnaie remplit trois fonctions économiques essentielles, qu'elle a pris au cours de l'histoire des formes de plus en plus dématérialisées, et que son fonctionnement repose en dernier ressort sur la confiance que lui accordent les agents.
La monnaie est un actif liquide accepté par tous pour régler les échanges et les dettes. Elle remplit trois fonctions. Intermédiaire des échanges : elle permet d'acheter et de vendre sans troc, donc sans double coïncidence des besoins, cette situation improbable où chacun désire exactement ce que l'autre offre au même moment ; elle réduit ainsi les coûts de transaction et élargit le cercle des échanges. Unité de compte : elle exprime la valeur de tous les biens et services dans une même unité, ce qui rend les prix comparables entre eux et simplifie le calcul économique. Réserve de valeur : elle permet de conserver du pouvoir d'achat pour des achats futurs ; l'inflation dégrade cette fonction puisqu'une même somme achète de moins en moins de biens. Les formes de la monnaie se sont succédé : monnaie marchandise (coquillages, sel, bétail), monnaie métallique frappée, puis monnaie fiduciaire (pièces et billets, dont la valeur repose sur la confiance, fides en latin) et monnaie scripturale (sommes inscrites sur les comptes de dépôt à vue). La monnaie scripturale circule grâce aux instruments de paiement : carte bancaire, virement, prélèvement, chèque. Attention au piège classique : ces instruments ne sont pas de la monnaie, ils la font circuler. La monnaie scripturale représente près de 90 % de la monnaie en circulation dans la zone euro : la dématérialisation est la grande tendance de l'histoire monétaire.
Aristote distinguait déjà les trois fonctions de la monnaie dans l'Antiquité. Michel Aglietta et André Orléan (La Monnaie souveraine, 1998) insistent sur le fait que la monnaie est une institution fondée sur la confiance : confiance dans sa valeur future, dans les banques qui tiennent les comptes, dans l'État et la banque centrale qui la garantissent. L'hyperinflation allemande de 1923 illustre ce qui arrive quand cette confiance s'effondre : les prix doublaient en quelques jours et la population fuyait le mark au profit de monnaies étrangères ou du troc. L'euro scriptural existe depuis 1999, les pièces et billets circulent depuis le 1er janvier 2002. En France, l'inflation a atteint 5,2 % en moyenne annuelle en 2022 selon l'INSEE : un rappel concret que la fonction de réserve de valeur n'est jamais acquise définitivement.
La monnaie n'est-elle qu'un instrument facilitant les échanges ? Vous montrerez que le bon fonctionnement de la monnaie repose sur la confiance.
Quand on t'interroge sur les fonctions de la monnaie, illustre chacune par un exemple concret de la vie courante : c'est ce qui distingue une copie précise d'une récitation. Ne confonds jamais la monnaie scripturale avec les instruments de paiement qui la font circuler, c'est le piège favori des correcteurs en EC1. Enfin, garde en tête un exemple historique d'hyperinflation pour montrer le rôle de la confiance.