Spé. SES · Première · cours rédigé et vérifié par Claryo, conforme au Bulletin officiel
Maladie, chômage, vieillesse, accident : l'existence est traversée d'événements incertains qui menacent les revenus et les conditions de vie. Quels sont ces risques, et pourquoi les sociétés développées en font-elles une affaire collective ?
Un risque est un événement incertain dont la réalisation entraîne un dommage. On parle de risque social lorsque cet événement provoque une perte de revenu ou des dépenses supplémentaires et que sa couverture est organisée collectivement. Les grands risques sociaux reconnus sont la maladie, la vieillesse, les accidents du travail et maladies professionnelles, les charges de famille et le chômage, auxquels s'ajoutent la pauvreté-exclusion et le logement.
Ces risques ont une double dimension. Individuelle d'abord : la réalisation du risque dégrade le niveau de vie, parfois durablement. Collective ensuite : un chômage de masse réduit la demande globale, le vieillissement alourdit les dépenses de retraite et de santé, la précarité fragilise la cohésion sociale. C'est cette dimension collective qui justifie une prise en charge socialisée plutôt qu'une simple prévoyance individuelle.
Le paysage des risques évolue : la dépendance des personnes âgées, la précarité des parcours professionnels ou la monoparentalité constituent des risques émergents, qui obligent la protection sociale à s'adapter.
En France, les prestations de protection sociale dépassent 800 milliards d'euros par an, soit environ un tiers du PIB : c'est l'un des niveaux les plus élevés au monde. La vieillesse-survie en représente environ 45 % et la santé environ 35 % (DREES). La Sécurité sociale, créée par les ordonnances d'octobre 1945, s'est enrichie en 2020 d'une cinquième branche consacrée à l'autonomie, signe de la reconnaissance du risque dépendance. Le sociologue Robert Castel a analysé la montée de la précarité comme un effritement de la société salariale qui engendre une nouvelle insécurité sociale. Le chômage illustre bien le cumul des dimensions du risque : environ un tiers des chômeurs vivent sous le seuil de pauvreté, contre environ 15 % de l'ensemble de la population (INSEE).
· Quels sont les effets des risques économiques et sociaux sur les individus et sur la société ? · Vous montrerez que les sociétés développées sont confrontées à de nouveaux risques sociaux.
Quand tu analyses un risque, interroge-le toujours en trois temps : quelle est la nature de l'aléa ? quel dommage provoque-t-il (perte de revenu ou dépense supplémentaire) ? qui en supporte le coût ? Cette grille fonctionne pour tous les documents du chapitre et t'évite de réciter une liste sans la mobiliser.