Économie de l’environnement et gouvernance mondiale

Spé. SES · Terminale · cours rédigé et vérifié par Claryo, conforme au Bulletin officiel

Problématique du chapitre

Le changement climatique est un problème global : les gaz à effet de serre émis à Shanghai ou à Houston réchauffent la planète entière. Or il n'existe pas de gouvernement mondial capable d'imposer une politique climatique. Comment préserver le climat, bien commun mondial, quand chaque État est incité à se comporter en passager clandestin ? Ce chapitre clôt le questionnement « Quelle action publique pour l'environnement ? » en passant à l'échelle internationale : il analyse les obstacles à la coopération et les jalons de la gouvernance mondiale du climat.

Notions et mécanismes essentiels

  • Bien commun : bien rival et non excluable. La capacité de l'atmosphère à absorber le carbone est limitée (rivalité) et nul ne peut être privé d'un climat stable (non-exclusion) : sans règles communes, le bien est surexploité.
  • Passager clandestin : chaque État bénéficie des efforts de réduction des autres sans en supporter les coûts ; ce calcul rationnel conduit à un effort collectif insuffisant.
  • Tragédie des communs : décrite par Garrett Hardin (1968), la somme des intérêts individuels détruit la ressource commune.
  • Gouvernance mondiale du climat : ensemble des institutions et des accords qui organisent la coopération : convention-cadre adoptée au Sommet de la Terre de Rio (1992), conférences des parties (COP) annuelles, protocole de Kyoto (1997), accord de Paris (2015). Faute de pouvoir de sanction, cette gouvernance repose sur l'engagement volontaire, la transparence et la pression des pairs.
  • Justice climatique : les pays développés portent la responsabilité historique des émissions, tandis que les pays pauvres, faibles émetteurs, sont les plus vulnérables : d'où le principe des responsabilités communes mais différenciées, la promesse de 100 milliards de dollars annuels faite à Copenhague (2009) et le fonds « pertes et dommages » créé à la COP27 (2022).

Auteurs et faits stylisés

Mancur Olson (1965) fonde l'analyse du passager clandestin ; Garrett Hardin (1968) celle de la tragédie des communs ; Elinor Ostrom (prix Nobel 2009) montre qu'une gouvernance polycentrique, faite de règles emboîtées du local au mondial, peut préserver les communs. Repères sûrs : GIEC créé en 1988 ; Rio 1992 ; Kyoto 1997, entré en vigueur en 2005 et jamais ratifié par les États-Unis ; échec de Copenhague en 2009 ; accord de Paris en 2015 ; retraits américains décidés en 2017 puis en 2025. En 2021, les émissions par habitant vont d'environ 15 tonnes de CO2 aux États-Unis à moins de 2 tonnes en Inde.

Sujets possibles

1. « Dans quelle mesure la coopération internationale permet-elle de faire face au changement climatique ? » 2. « Vous montrerez que la préservation du climat, bien commun mondial, se heurte à des obstacles spécifiques. »

Méthode

Ce chapitre se traite presque toujours en raisonnement : enchaîne caractéristiques du bien commun, comportement de passager clandestin, puis réponses institutionnelles et leurs limites. Apprends trois dates et trois chiffres, pas davantage, mais sache les mobiliser : la comparaison Kyoto contre Paris est la plus payante. En EC2, entraîne-toi sur les tableaux d'émissions : le piège classique est de confondre émissions totales et émissions par habitant, la Chine étant première en volume mais loin derrière les États-Unis par tête.