Spé. SES · Terminale · cours rédigé et vérifié par Claryo, conforme au Bulletin officiel
Face aux fluctuations de la conjoncture, la zone euro présente une architecture singulière : une politique monétaire unique, confiée à une banque centrale indépendante, et des politiques budgétaires restées nationales mais encadrées par des règles communes. Comment ces deux leviers agissent-ils sur l'activité, et leur combinaison (le policy mix) est-elle efficace dans une zone aussi hétérogène ?
La politique monétaire est conduite par la BCE, dont l'objectif principal est la stabilité des prix, définie comme une inflation de 2 % à moyen terme. Son instrument central est le maniement des taux directeurs : une baisse réduit le coût de refinancement des banques, qui abaissent les taux des crédits ; la consommation et l'investissement repartent, la demande globale et l'emploi aussi. Une hausse produit l'effet inverse et freine l'inflation. La politique budgétaire agit par le solde public : en récession, un supplément de dépenses publiques ou une baisse d'impôts enclenche le multiplicateur keynésien, chaque vague de revenus distribués alimentant une vague de consommation supplémentaire ; le PIB augmente alors davantage que l'impulsion initiale. Le multiplicateur est affaibli par les fuites (épargne, importations) et son usage est contraint par le pacte de stabilité et de croissance (déficit limité à 3 % du PIB, dette à 60 %). Le policy mix désigne la combinaison des deux politiques : il est cohérent quand elles poussent dans le même sens, problématique quand la politique monétaire unique convient mal à des conjonctures nationales divergentes.
Le multiplicateur vient de Keynes (1936). La BCE, créée en 1998 sur le modèle d'indépendance de la Bundesbank, a illustré toute la palette de son action : taux négatifs et achats massifs de titres dans les années 2010, programme d'urgence pandémique de 1 850 milliards d'euros en 2020, puis resserrement le plus rapide de son histoire quand l'inflation a atteint 8,4 % en moyenne en 2022 (pic au-dessus de 10 % en octobre) : le taux de dépôt est passé de -0,5 % à 4 % entre juillet 2022 et septembre 2023. Côté budgétaire, le plan NextGenerationEU (2020, 750 milliards d'euros empruntés en commun) constitue une première historique de relance européenne coordonnée. Le sujet de dissertation de métropole 2025 portait précisément sur la capacité de ces politiques à agir sur la conjoncture de la zone euro.
· Dans quelle mesure les politiques monétaire et budgétaire parviennent-elles à agir sur la conjoncture des pays de la zone euro ? · Vous montrerez comment la politique monétaire de la BCE agit sur la demande globale.
Maîtrise les deux chaînes de transmission dans les deux sens (relance et freinage) : taux directeurs vers crédit vers demande globale, et dépense publique vers revenus vers consommation. Illustre chaque sens par un épisode réel : 2020 pour la relance, 2022-2023 pour le resserrement. En dissertation, le « dans quelle mesure » exige un second temps sur les limites : hétérogénéité de la zone, règles budgétaires, délais. C'est tombé en métropole en 2025 : ce chapitre est un favori du jury.