Spé. SES · Terminale · cours rédigé et vérifié par Claryo, conforme au Bulletin officiel
L'accumulation des facteurs et le progrès technique n'expliquent pas tout : encore faut-il que les agents aient intérêt à investir, innover et échanger. Pourquoi des pays aux dotations comparables connaissent-ils des trajectoires de croissance radicalement différentes ? La réponse du chapitre tient en un mot : les institutions, c'est-à-dire les règles du jeu qui sécurisent les droits et structurent les incitations.
Douglass North (prix Nobel 1993) fonde l'économie institutionnelle moderne. Daron Acemoglu, Simon Johnson et James Robinson, prix Nobel 2024, montrent que les écarts de prospérité s'enracinent dans la qualité des institutions, notamment héritées de la colonisation (Why Nations Fail, 2012). L'expérience des deux Corées est le fait stylisé canonique : un même peuple séparé entre 1948 et 1953, et un PIB par habitant aujourd'hui plusieurs dizaines de fois supérieur au Sud selon les estimations de la Banque de Corée. À mobiliser aussi : la protection du brevet, la stabilité monétaire et l'État de droit comme conditions de l'investissement de long terme.
1. « Quel rôle les institutions jouent-elles dans la croissance économique ? » 2. « Vous montrerez que la sécurité des droits de propriété favorise l'investissement et l'innovation. »
Ce chapitre fournit la troisième partie idéale de presque toute dissertation sur les sources de la croissance : après l'accumulation et le progrès technique, les institutions qui les rendent possibles. Apprends l'exemple des deux Corées avec ses chiffres et sa logique d'expérience quasi naturelle, mais garde la nuance : la causalité entre institutions et croissance fait débat, la croissance pouvant en retour améliorer les institutions. Cette nuance, placée en fin de devoir, distingue immédiatement une bonne copie.