Spé. SES · Terminale · cours rédigé et vérifié par Claryo, conforme au Bulletin officiel
Puisque le chômage a plusieurs causes, il appelle plusieurs remèdes. Faut-il relancer la demande, alléger le coût du travail, former les chômeurs ou assouplir les règles du marché du travail ? Chaque politique répond à un diagnostic précis : confondre les causes, c'est se tromper de traitement. Le chapitre dresse la carte des instruments disponibles et de leurs limites respectives.
Contre le chômage conjoncturel, les politiques macroéconomiques de soutien de la demande globale relèvent la dépense : relance budgétaire (dépenses publiques, baisses d'impôts) et politique monétaire expansionniste (baisse des taux d'intérêt) redressent la demande anticipée par les entreprises, qui produisent et embauchent davantage. Contre le chômage structurel, trois leviers dominent. Les politiques d'allègement du coût du travail (exonérations de cotisations sociales sur les bas salaires) réduisent l'écart entre coût du travail et productivité au voisinage du SMIC, segment où la demande de travail est la plus sensible au coût ; leurs limites sont les effets d'aubaine, le coût budgétaire et le risque de trappe à bas salaires. Les politiques de formation élèvent le capital humain et réduisent l'inadéquation des qualifications : elles améliorent l'appariement, mais leurs effets sont lents et leur évaluation délicate (biais de sélection). Les politiques de flexibilisation assouplissent les règles d'embauche et de licenciement pour fluidifier les réallocations et réduire le dualisme du marché du travail ; elles peuvent toutefois précariser les parcours et restent inopérantes si la demande globale manque.
La logique de soutien de la demande vient de Keynes : en récession, seul un supplément de demande autonome peut briser la spirale du sous-emploi. En France, les exonérations générales de cotisations sur les bas salaires, engagées dans les années 1990 puis amplifiées, représentent aujourd'hui plusieurs dizaines de milliards d'euros par an. Les ordonnances travail de 2017 (plafonnement des indemnités prud'homales, primauté donnée à l'accord d'entreprise) illustrent la flexibilisation. La décrue du chômage français, d'environ 10,5 % en 2015 à environ 7,3 % en 2023 (INSEE), est généralement attribuée à un cocktail de conjoncture favorable, d'allègements du coût du travail et de réformes du marché du travail, sans qu'il soit simple d'isoler la part de chacun.
· Dans quelle mesure les politiques de flexibilisation du marché du travail permettent-elles de lutter contre le chômage ? · Vous montrerez que la lutte contre le chômage mobilise des instruments différents selon la nature du chômage.
La matrice diagnostic-remède est ton meilleur outil : conjoncturel appelle demande globale, structurel appelle formation, coût du travail et flexibilisation. En EC3 ou en dissertation, organise tes parties selon cette distinction puis nuance : les deux composantes coexistent toujours, et chaque instrument a ses effets pervers (effets d'aubaine, précarisation, délais). Une conclusion qui plaide pour un dosage argumenté vaut mieux qu'un verdict tranché.