Spé. SES · Terminale · cours rédigé et vérifié par Claryo, conforme au Bulletin officiel
Les démocraties contemporaines semblent traversées par un paradoxe : l'abstention progresse, les partis et les syndicats perdent leurs adhérents, et pourtant les pétitions se multiplient, les marches pour le climat rassemblent, le boycott se banalise. Assiste-t-on à une dépolitisation ou à une transformation des manières de faire de la politique ? Tout l'enjeu du chapitre est de cartographier les formes de l'engagement et leur recomposition.
L'engagement politique recouvre quatre grandes formes au programme : le vote, acte central de la démocratie représentative mais en érosion ; le militantisme, participation active et durable dans un parti ou un syndicat ; l'engagement associatif, du sport à l'humanitaire ; la consommation engagée, qui politise l'acte d'achat par le boycott (sanctionner) ou le buycott (soutenir). Ces formes se distribuent entre participation conventionnelle (institutionnalisée, comme le vote) et non conventionnelle (protestataire : manifestation, pétition, désobéissance civile). La notion de répertoire d'action collective, due à Charles Tilly, désigne l'ensemble des moyens d'action disponibles à une époque : il s'est déplacé des émeutes locales vers la grève et la manifestation, puis vers des formes médiatisées, numériques et transnationales. L'abstention elle-même doit être analysée : « hors du jeu » quand elle traduit l'éloignement des moins dotés, « dans le jeu » quand des électeurs politisés s'abstiennent pour protester ; le vote devient intermittent plus qu'abandonné.
L'abstention au premier tour de la présidentielle est passée de 16,2 % en 2007 à 26,3 % en 2022 (ministère de l'Intérieur), et dépasse la moitié des inscrits aux législatives. Le taux de syndicalisation français avoisine 10 % des salariés (DARES, 10,3 % en 2019), parmi les plus faibles de l'OCDE. À l'inverse, l'engagement associatif reste vigoureux : environ un Français adulte sur cinq pratique une activité bénévole, et cette participation croît fortement avec le diplôme. Jacques Ion a décrit le passage d'un militantisme de « timbre » (affiliation totale et durable) à un militantisme « post-it » ou distancié : ponctuel, réversible, attaché à des causes.
· Comment les formes de l'engagement politique se sont-elles transformées dans les sociétés démocratiques ? · Vous montrerez que l'engagement politique prend des formes variées. (sujet d'EC1 tombé en métropole en 2022)
Sur ce chapitre, le piège classique est la lecture déclinologue (« les citoyens ne s'engagent plus ») : les données montrent un déplacement, pas une disparition. Structure tes réponses autour de ce couple érosion/recomposition. Pour les chiffres, deux suffisent s'ils sont sûrs : l'abstention présidentielle et le taux de syndicalisation, que tu dois savoir dater et sourcer.