Spé. SES · Terminale · cours rédigé et vérifié par Claryo, conforme au Bulletin officiel
En deux générations, le baccalauréat est passé d'un privilège (environ 5 % d'une génération en 1950) à une quasi-norme (environ 80 % aujourd'hui). Faut-il en conclure que l'école s'est démocratisée ? Le chapitre invite à distinguer soigneusement l'ouverture quantitative de l'école et l'égalisation réelle des parcours : la massification est incontestable, la démocratisation reste discutée.
Massification scolaire : hausse massive des effectifs scolarisés et de la durée des études, portée par le collège unique (1975), la création du bac professionnel (1985) et l'objectif de mener 80 % d'une classe d'âge au niveau du bac. Démocratisation quantitative : tous les milieux sociaux accèdent davantage à l'école ; les enfants d'ouvriers obtiennent aujourd'hui bien plus souvent le bac que leurs parents. Démocratisation qualitative : réduction des écarts selon l'origine sociale. Or ces écarts persistent : ils se sont déplacés du fait d'accéder ou non aux études vers le type d'études suivies. Démocratisation ségrégative (Pierre Merle) : l'ouverture de l'école s'est accompagnée d'une différenciation interne ; voies générale, technologique et professionnelle, séries et filières du supérieur restent socialement typées, les formations les plus rentables demeurant les plus fermées. Inflation scolaire (Marie Duru-Bellat) : quand les diplômes se diffusent plus vite que les emplois qualifiés, leur valeur relative baisse ; il faut un titre plus élevé pour la même position, d'où le déclassement et le paradoxe d'Anderson.
Proportion de bacheliers dans une génération : environ 5 % en 1950, 26 % en 1980, 63 % en 1995, 80 % aujourd'hui. Étudiants du supérieur : environ 310 000 en 1960 contre près de 3 millions aujourd'hui. Mais la composition sociale des filières reste contrastée : les enfants de cadres sont très surreprésentés en classes préparatoires et dans les grandes écoles, les enfants d'ouvriers concentrés dans les filières courtes et professionnelles. Merle parle de démocratisation ségrégative ; Duru-Bellat alerte sur l'inflation scolaire ; le paradoxe d'Anderson rappelle que la mobilité scolaire ne se traduit pas mécaniquement en mobilité sociale.
· Dans quelle mesure l'accès à l'école s'est-il démocratisé en France depuis les années 1950 ? · Montrez que la massification scolaire ne s'est pas accompagnée d'une disparition des inégalités scolaires.
Sur ce chapitre, la valeur ajoutée vient des distinctions conceptuelles : massification n'est pas démocratisation, quantitatif n'est pas qualitatif. Construis tes paragraphes autour de ces couples et appuie chaque idée sur une donnée datée (1950, 1980, 1995, aujourd'hui). Si le sujet est en « dans quelle mesure », accorde une vraie partie aux progrès réels avant de les nuancer : un devoir uniquement critique serait aussi faux qu'un devoir uniquement célébratif.