Spé. SES · Terminale · cours rédigé et vérifié par Claryo, conforme au Bulletin officiel
Le chômage ne dépend pas seulement des structures du marché du travail : il respire avec la conjoncture. Entre 2008 et 2013, le taux de chômage de la zone euro est passé d'environ 7,6 % à environ 12 %, avant de revenir à son niveau initial en 2019. Pourquoi l'activité économique fluctue-t-elle, et comment ces fluctuations se transmettent-elles à l'emploi ? Le chapitre identifie trois grandes origines des fluctuations : les chocs de demande, les chocs d'offre et le cycle du crédit.
Le chômage conjoncturel est la composante du chômage liée aux fluctuations de l'activité. Le mécanisme central est keynésien : les entreprises produisent et embauchent en fonction de la demande globale qu'elles anticipent (consommation, investissement, dépenses publiques, exportations). Quand cette demande anticipée fléchit, elles réduisent la production, gèlent les embauches et licencient ; les revenus distribués diminuent, la consommation recule à son tour et le pessimisme initial se confirme : c'est la spirale récessive. Un choc de demande négatif (effondrement de la confiance, contraction du commerce mondial) déclenche ce processus. Un choc d'offre négatif agit différemment : la hausse brutale des coûts de production (énergie, matières premières) comprime les marges, pousse les prix à la hausse et conduit les entreprises à réduire leur activité. Le cycle du crédit, enfin, amplifie les fluctuations : en phase d'euphorie, un crédit abondant dope la demande et parfois les bulles ; au retournement, le rationnement du crédit (credit crunch) coupe le financement de la consommation et de l'investissement, et le chômage s'envole.
John Maynard Keynes (Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie, 1936) fonde l'analyse du chômage par l'insuffisance de la demande effective : le sous-emploi peut être un équilibre durable, qui justifie l'intervention publique. Le choc pétrolier de 1973 (quadruplement du prix du baril) illustre le choc d'offre ; la crise de 2008, déclenchée par la faillite de Lehman Brothers en septembre, illustre le choc de demande doublé d'un credit crunch : le PIB de la zone euro recule d'environ 4,5 % en 2009. La rechute de 2011-2013, sur fond de crise des dettes souveraines et d'austérité simultanée, prolonge la montée du chômage. La pandémie de 2020 a provoqué une récession brutale suivie d'un rebond rapide : preuve que lorsque la demande revient, le chômage conjoncturel reflue.
· Comment les fluctuations de l'activité économique expliquent-elles le chômage ? · Vous montrerez que le cycle du crédit peut être à l'origine de fluctuations de l'emploi.
Raisonne toujours en chaîne causale complète : choc, demande ou coûts, production, emploi. Pour distinguer choc d'offre et choc de demande dans un document, regarde les prix : un choc de demande négatif fait baisser production et prix, un choc d'offre négatif fait baisser la production mais monter les prix. Ce critère simple impressionne les correcteurs et évite les confusions.