Des continents marqués par des chaînes anciennes et des âges variés

Spé. SVT · Terminale · cours rédigé et vérifié par Claryo, conforme au Bulletin officiel

L'essentiel

Les continents portent les traces d'orogenèses (formations de chaînes de montagnes) d'âges très variés. Étudier une chaîne, c'est lire dans ses roches et ses structures une histoire de convergence, subduction, collision puis démantèlement.

Les marqueurs tectoniques signent le raccourcissement et l'épaississement : plis, failles inverses, nappes de charriage. Les marqueurs pétrographiques précisent les conditions : les schistes bleus (glaucophane) et les éclogites, roches de haute pression, témoignent d'une subduction ; les gneiss, migmatites et granites d'anatexie témoignent du métamorphisme et de la fusion crustale lors de l'épaississement.

La croûte continentale est ancienne (jusqu'à environ 4 Ga) car, peu dense, elle n'est pas recyclée par subduction : elle s'accumule et se conserve. La croûte océanique, sans cesse créée aux dorsales et détruite en subduction, ne dépasse pas environ 200 Ma. C'est pourquoi les âges des continents sont très contrastés.

Enfin, toute chaîne finit par être démantelée : l'érosion abaisse le relief tandis que l'isostasie fait remonter la croûte allégée, amenant les racines profondes (granites, gneiss) à l'affleurement. Une chaîne ancienne se reconnaît à son relief émoussé et à ses racines visibles.

La géochronologie vient ordonner et dater cette histoire : on date les épisodes de métamorphisme et de magmatisme par radiochronologie, ce qui permet de placer la subduction avant la collision, puis de mesurer la durée du démantèlement. Ainsi, une chaîne récente comme les Alpes conserve un relief élevé et des marqueurs tectoniques nets, tandis qu'une chaîne ancienne comme le Massif armoricain ou le Massif central n'offre plus que des reliefs émoussés et des racines exhumées, témoins d'orogenèses très reculées.

Formules et schémas clés

Pas de formule numérique centrale : le raisonnement est qualitatif. Schémas clés à savoir refaire : · coupe d'une chaîne de collision avec plis, failles inverses et nappes de charriage ; · diagramme pression-température montrant les domaines des schistes bleus et des éclogites (haute pression) ; · schéma de l'isostasie illustrant la remontée de la croûte au fur et à mesure de l'érosion.

Méthode type bac

Devant une coupe ou un jeu de roches : 1) repérer les marqueurs tectoniques (raccourcissement) ; 2) identifier les roches métamorphiques et leur condition de formation ; 3) dater les épisodes ; 4) conclure sur l'enchaînement subduction puis collision puis démantèlement.

Pièges

· Schistes bleus = haute pression, basse température (subduction) ; ne pas les confondre avec un métamorphisme de haute température. · La croûte continentale n'est pas subductée car elle est peu dense : c'est la raison de son grand âge. · Une chaîne ancienne n'a pas disparu : ses racines affleurent grâce à l'érosion et à l'isostasie.

Pour l'épreuve

Reliez toujours un marqueur observé à un mécanisme géodynamique. Une bonne synthèse enchaîne subduction (schistes bleus, éclogites), collision (plis, nappes, granites) puis démantèlement (érosion, isostasie), avec un calage géochronologique.