Enjeux de la domestication et innovations agricoles

Spé. SVT · Terminale · cours rédigé et vérifié par Claryo, conforme au Bulletin officiel

L'essentiel

La domestication des plantes a permis de nourrir des populations humaines croissantes, mais les innovations agricoles modernes soulèvent désormais des enjeux scientifiques, environnementaux et sociétaux. À la sélection artificielle classique (tri d'une variabilité génétique préexistante sur de nombreuses générations) se sont ajoutées les biotechnologies : la transgenèse introduit directement un gène, parfois issu d'une autre espèce, dans le génome d'une plante ; l'édition du génome permet des modifications ciblées et rapides. Ces techniques ont produit des variétés résistantes aux ravageurs (maïs Bt), tolérantes à un herbicide, ou enrichies sur le plan nutritionnel (riz doré enrichi en provitamine A).

Ces innovations apportent des bénéfices réels : hausse des rendements, réduction des pertes dues aux ravageurs, diminution possible de certains traitements, amélioration de la qualité nutritionnelle. Mais elles posent aussi des enjeux importants. Sur le plan génétique, la sélection et les monocultures réduisent la diversité génétique des cultures, qui deviennent uniformément vulnérables à un même parasite, à une maladie ou à un changement climatique. Sur le plan environnemental, l'agriculture intensive repose souvent sur un usage massif d'intrants (engrais, pesticides) qui polluent sols et eaux et appauvrissent la biodiversité. Sur le plan sociétal, les OGM soulèvent des questions de brevetabilité du vivant, d'acceptabilité et d'évaluation des risques.

La conservation de la diversité génétique apparaît dès lors comme un enjeu majeur : la diversité des variétés anciennes et des parents sauvages constitue un réservoir d'allèles indispensable pour créer les variétés de demain, adaptées à de nouvelles contraintes. Des dispositifs comme les banques de semences (conservatoires, grainothèques, réserve mondiale du Svalbard) préservent cette ressource. L'enjeu global est de concilier productivité agricole, préservation de la diversité et durabilité environnementale, par exemple grâce à l'agroécologie, à la rotation et à la diversification des cultures.

Formules et schémas clés

· Réduction relative des pertes : \dfrac{P_{témoin} - P_{traité}}{P_{témoin}} \times 100, en %. · Gain relatif de rendement : \dfrac{R_{final} - R_{initial}}{R_{initial}} \times 100, en %. · Schéma à savoir refaire : le principe de la transgenèse (introduction d'un gène d'intérêt dans le génome d'une plante) opposé au schéma de la sélection classique (tri d'allèles sur plusieurs générations).

Méthode type bac

Pour une étude de documents avec données chiffrées (rendements, pertes) : 1) comparer témoin et variété améliorée ; 2) quantifier l'écart (réduction absolue et relative avec unités) ; 3) dégager un avantage ; 4) discuter une limite (résistance, environnement, société) pour produire une réponse nuancée et argumentée.

Pièges

· Un OGM n'est pas forcément plus dangereux ou plus performant : il faut argumenter au cas par cas à partir des documents. · Sélection classique \neq transgenèse : la première trie des allèles existants, la seconde introduit ou modifie un gène directement. · Réduire la diversité des allèles n'est pas réduire le nombre de variétés : on peut avoir beaucoup de variétés mais peu de diversité génétique réelle. · Ne pas confondre engrais (nutrition des plantes) et pesticides (lutte contre les ravageurs) parmi les intrants.

Pour l'épreuve

Sachez distinguer sélection classique et biotechnologies, citer des exemples concrets (maïs Bt, riz doré) et argumenter avantages et limites de façon nuancée. Maîtrisez les calculs de réduction de pertes ou de gain de rendement (absolu et relatif, avec unités) et l'enjeu central de la conservation de la diversité génétique pour une agriculture durable.