Spé. SVT · Terminale · cours rédigé et vérifié par Claryo, conforme au Bulletin officiel
La reproduction sexuée des plantes à fleurs (Angiospermes) se heurte à une contrainte majeure : la vie fixée empêche la rencontre directe des partenaires et de leurs gamètes. La fleur est l'organe qui résout ce problème. Elle est organisée en quatre verticilles concentriques : de l'extérieur, les sépales (calice, protecteurs), les pétales (corolle, souvent attractive), les étamines (androcée, organe mâle produisant le pollen) et les carpelles formant le pistil (gynécée, organe femelle contenant les ovules).
L'étape clé est la pollinisation : le transport du pollen des étamines jusqu'au stigmate du pistil. Comme la plante ne peut se déplacer, elle délègue ce transport à un agent extérieur. La pollinisation entomophile (par les insectes) repose sur des fleurs attractives (couleurs vives, parfum, nectar, pollen collant) qui attirent un pollinisateur ; celui-ci se charge de pollen sur un pied et le dépose sur un autre, assurant une pollinisation croisée. La pollinisation anémophile (par le vent) repose au contraire sur des fleurs discrètes produisant d'énormes quantités de pollen léger.
La pollinisation croisée est souvent favorisée par des dispositifs anti-autofécondation (auto-incompatibilité, séparation des sexes, maturation décalée des organes mâle et femelle). Son avantage sélectif est d'augmenter le brassage génétique : la descendance est plus diversifiée, mieux armée face aux variations du milieu, et l'expression d'allèles récessifs défavorables (consanguinité) est limitée.
Les relations entre plantes et pollinisateurs illustrent souvent une coévolution : chaque partenaire exerce une pression de sélection sur l'autre, aboutissant à des adaptations réciproques parfois spectaculaires (forme de la fleur ajustée à l'insecte, leurres sexuels des orchidées Ophrys). Ces relations augmentent le succès reproducteur des deux espèces.
· Taux de réussite de la pollinisation : \tau = \dfrac{\text{nombre de fruits formés}}{\text{nombre de fleurs visitées}} \times 100 (en %). · Schéma à savoir refaire : la coupe longitudinale d'une fleur complète, annotée (sépale, pétale, étamine avec anthère et pollen, pistil avec stigmate, style, ovaire et ovules).
Pour une étude de documents sur la pollinisation : 1) décrire les caractères de la fleur (couleur, parfum, forme, nectar) ; 2) identifier le mode de pollinisation (insectes, vent) et l'agent ; 3) montrer comment ces caractères assurent le transport du pollen ; 4) conclure sur la pollinisation croisée et, si les données le permettent, sur la coévolution.
· Pollinisation \neq fécondation : la pollinisation est seulement le transport du pollen jusqu'au stigmate ; la fécondation survient ensuite. · Le grain de pollen n'est pas le gamète mâle : il contient (et transporte) les cellules reproductrices mâles. · Les fleurs anémophiles sont discrètes, pas absentes de pièces reproductrices. · La coévolution n'est pas une intention : c'est le résultat de pressions de sélection réciproques.
Maîtrisez l'organisation de la fleur et son vocabulaire, la distinction pollinisation/fécondation et l'avantage de la pollinisation croisée (brassage génétique). Sachez exploiter des documents montrant des adaptations fleur-pollinisateur pour argumenter une coévolution, et chiffrer un taux de réussite avec les unités correctes.